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Presse écrite
21 septembre 2026

La donation, un coup de pouce quasi incontournable pour les jeunes – Le Figaro

L’accès au crédit s’est rétracté et de moins en moins de jeunes parviennent à devenir propriétaires. Le coup de pouce familial est devenu presque nécessaire pour acheter son logement.

Les acquéreurs qui bénéficient d’une donation familiale réalisent leur acquisition près de dix ans plus tôt que ceux n’ayant reçu aucun soutien financier. Ils économisent ainsi des milliers d’euros , souligne Delphine Rouxel, présidente du réseau d’agences Nestenn. Et plus d’un primo-accédant sur quatre reçoit une aide financière pour acheter, selon le baromètre Nestenn. Le montant moyen de cette donation atteint 45 000 €. En 2024, 20 % des ménages ont déjà reçu une donation au cours de leur vie, selon une étude de l’Insee parue en avril dernier. Grâce à une mesure adoptée dans le budget 2025 et reconduite dans le budget 2026, il est possible de recevoir jusqu’à 300 000 € de dons familiaux défiscalisés jusqu’au 31 décembre 2026, à condition que ce don soit affecté à l’acquisition d’un bien neuf ou ancien avec travaux, habité en résidence principale pendant cinq ans minimum. Chaque donateur peut transmettre 100 000 € maximum. « L’un des freins à la transmission du patrimoine, c’est la friction fiscale. Or, ici, il a été levé. Nous avons vu des propriétaires accélérer leur opération de monétisation pour rentrer dans ce cadre de fiscalité », relève Stanley Nahon, directeur associé de Renée Costes, spécialisé dans le viager et la nue-propriété.

« C’est le concours Lépine de celui qui va taxer le plus les successions, donc les familles qui ont des patrimoines importants anticipent et préfèrent transmettre aujourd’hui en connaissant les conditions plutôt que plus tard, au prochain budget ou au prochain gouvernement », observe Hugo Baillet, directeur de la communication au cabinet Bougardier, qui obtient des financements pour les particuliers et les professionnels à partir de leurs biens immobiliers. Près de 40 % de ses dossiers portent sur des transmissions patrimoniales contre un tiers il y a quelques années.

Le don Sarkozy en force

Toutefois, les effets de cette mesure ne sont pas retentissants. « Elle n’est quasiment pas appliquée. C’est le problème des dispositifs temporaires. En plus, elle est trop contraignante, il faut que ce soit du neuf ou de l’ancien avec travaux. Le souci avec la fiscalité, c’est que ça change tout le temps, et cette instabilité est anxiogène pour les clients », confie Me Hugo Persegol, notaire à Reims. « Sur 4 500 à 5 000 contrats signés par an, nous n’avons que 3 ou 4 actes en lien avec cette mesure », quantifie-t-il. « On aurait dû la mettre en place pour un premier achat sans condition et pas pour deux années seulement », déplore-t-il. Ce qui fonctionne, c’est le don Sarkozy. « Il est de 31 865 € par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans. C’est un paiement en numéraire que l’on voit quasiment toutes les semaines. Les conditions sont stables, elles n’ont pas changé depuis 2008. Les parents s’en servent pour aider leurs enfants à gonfler leurs apports », remarque-t-il. Le viager mixte est une piste méconnue qui peut permettre aux parents d’aider un enfant à acheter un logement. Le senior continue à vivre chez lui et perçoit un bouquet lors de la vente et une rente viagère mensuelle et l’acquéreur peut occuper la partie libre du logement ou la mettre en location.

« Le viager est perçu comme une réponse au vieillissement de la population, mais il peut aussi contribuer à répondre à un autre défi majeur : celui de l’accès au logement des jeunes », rappelle Sophie Richard, fondatrice du réseau Viagimmo. Elle cite l’exemple d’un étudiant devenu ainsi propriétaire à 18 ans d’un logement en viager libre à Nantes. « Grâce à une donation de 100 000 euros, ses parents lui ont permis de financer le bouquet et trois ans de rente au lieu de payer des loyers », explique-t-elle. Une piste à saisir pour les jeunes acheteurs. ■ Marine Richard